Un recruteur commercial compte avant de lire. Voici le même parcours, écrit deux fois — et ce que le compteur donne dans chaque cas.
Développement du portefeuille client sur le secteur.
Prospection et fidélisation de la clientèle professionnelle.
Participation aux objectifs commerciaux de l'agence.
Bon relationnel, goût du challenge, esprit d'équipe.
Le recruteur ne sait pas si vous suiviez dix clients ou trois cents.
Portefeuille de [nombre] clients professionnels, sur [durée].
Prospection : [nombre] contacts par semaine, [nombre] rendez-vous obtenus.
Renouvellement du portefeuille : [X] % sur l'année [année].
Formation de [nombre] nouveaux commerciaux sur le poste, [durée].
Les crochets sont à remplir avec les vôtres. Nous n'inventons jamais un chiffre à votre place.
Sur un CV commercial, l'absence de chiffre n'est pas neutre : elle se lit. Un recruteur en déduit que vous n'avez pas de résultats à montrer, ou que vous ne savez pas les suivre — et aucune des deux lectures ne joue en votre faveur. La bonne nouvelle : les chiffres qui comptent ne sont presque jamais des chiffres d'affaires.
C'est le blocage le plus courant : « je n'ai pas mes chiffres ». Vous en avez toujours au moins quatre.
Combien de clients suiviez-vous ? C'est le chiffre le plus facile à donner, et il manque sur la plupart des CV commerciaux.
Appels, visites ou rendez-vous par semaine. Il dit votre cadence de travail, et il ne dépend d'aucun accès aux résultats de l'entreprise.
Un renouvellement, une reconduction, un taux de fidélisation. C'est ce qui distingue un commercial qui vend d'un commercial qui garde.
Sur combien de mois, combien de saisons. Trois étés au même poste en disent plus qu'une mission prestigieuse de trois semaines.
Le critère « impact des résultats » de l'analyse mesure exactement ça, et cite les lignes qui n'en portent aucun.
Ouvrir mon espaceCelui que vous ne pouvez pas expliquer. Un « +40 % sur mon secteur » impressionne trois secondes, jusqu'à la question suivante : par rapport à quoi, sur quelle période, avec quel périmètre ? Un recruteur du secteur la pose systématiquement, et un chiffre qui s'effondre emporte la crédibilité du reste du CV avec lui.
Le mensonge sur le parcours est d'ailleurs cité par 56 % des recruteurs comme le pire signal, loin devant tout le reste — sondage HelloWork mené auprès de 625 recruteurs en 2025. Un chiffre modeste et solide vaut infiniment mieux qu'un chiffre flatteur et fragile.
Vous n'avez rien à acquérir pour passer de l'un à l'autre. Juste à écrire ce que vous avez fait.
Ouvrir mon espaceParce que c'est le seul métier où le résultat est censé être mesuré. Un recruteur commercial qui lit un CV sans un chiffre en déduit l'une de deux choses : soit vous n'avez pas de résultats à montrer, soit vous ne savez pas les suivre. Aucune des deux ne joue en votre faveur.
Le volume et la régularité : le nombre de clients suivis, le nombre de rendez-vous par semaine, la taille du portefeuille, le nombre d'appels ou de visites, la durée. Ces chiffres-là, vous les connaissez, et ils rendent une ligne vérifiable.
Seulement si vous pouvez les expliquer. Un pourcentage impressionnant qu'on ne sait pas décomposer se démonte en une question, et il emporte la crédibilité du reste du CV avec lui. Un chiffre modeste et solide vaut mieux qu'un chiffre flatteur et fragile.
« Développement du portefeuille client », « fidélisation », « prospection » employés seuls : ce sont des intitulés de mission, pas des résultats. Ils décrivent ce qu'on vous demandait de faire, jamais ce que ça a donné.
Oui, au moins l'accroche et l'ordre des expériences. Vendre en B2B, en magasin ou par téléphone ne demande pas les mêmes qualités : mettez en avant celles de vos expériences qui ressemblent le plus au poste.
Comptez-les vous-même : ouvrez votre document et surlignez chaque nombre qui décrit un résultat ou un volume. Si vous en trouvez moins de trois sur l'ensemble des expériences, c'est là que vous perdez le plus de points, et c'est le plus rapide à corriger.